L'emplacement de l'attentat du petit Clamart, par Pierre

Dire que les lieux se sont métamorphosés depuis 1962 serait en dessous de la vérité.

Voici le lien google maps en vue cavalière 2024.

 

Et voici une vue IGN de l'endroit vers l'été 1963, donc très contemporaine de l'opération "Charlotte Corday".

 

 

En bas de la photo, dans le tiers du bas, horizontale, c'est l'avenue de la Libération.

Le convoi présidentiel viendra de Paris, donc de la gauche (du Nord Est), fonçant vers son objectif, hors champ: le rond point du petit Clamart, puis Villacoublay.

 

 

Passons à un zoom précisant les lieux.

Au numero 1:

En 1962 il y avait là 2 chateaux d'eau.
Début 1982, au moment de la reconstitution d'Alain Decaux il n'en restait plus qu'un. Aujourd'hui il n'y en a plus aucun.
C'est là, au débouché de la rue du pavé blanc (ou encore "carrefour de Meudon", car la rue du pavé blanc mène à Meudon) que s'est placé Bastien Thiry debout près de sa Simca 1000, il gesticule avec son journal quand le convoi présidentiel arrive de sa gauche.

Au numero 2 (angle rue Bourcillière):

C'est là que se trouve garée (le long de l'avenue de la libération) l'estafette jaune d'où l'on devait en principe mitrailler le convoi de face pour le ralentir voire l'arrêter...
Dans les faits, le mitraillage aura lieu par le côté et par l'arrière, car les conjurés n'ont pas vu les signes de Bastien Thiry: le convoi qui roule à 90 km/h arrive sur eux trop vite et les dépasse avant qu'ils ne réagissent. 


Au numéro 3 (angle rue du Bois)

C'est là que l'ID bleue factieuse attend, garée de l'autre côté de l'avenue. 
Dans le plan tel que prévu, elle doit s'avancer quand l'estafette commence à mitrailler, se mettre dans le carrefour afin de barrer la route au convoi, puis achever la cible à bout portant avec les éléments les plus déterminés.
Mais l'ID démarrera trop tard et ne pourra que prendre en chasse le convoi après l'avoir tout de même mitraillé lors de son passage devant elle.

On sent dans la conception de ce plan un esprit mathématique (Bastien Thiry était polytechnicien): 1,2 et 3 sont à égale distance.

Et on sent aussi un esprit ne s'embarassant pas trop de considérations pratico-pratiques (Bastien Thiry était polytechnicien): on voit clairement ici la distance considérable entre Bastien Thiry et l'estafette, il est tout à fait logique que les conjurés le distinguaient à peine depuis leur estafette: une bonne paire de jumelles aurait avantageusement renforcé le dispositif.

 

 

 

 

A noter que le plan d'époque du Parisien donne un "deuxième tir" depuis un buisson, alors qu'ils proviennent de l'ID garée rue du Bois, qui démarre puis tourne à sa gauche et prend en chasse le convoi (vers la droite de ce plan) en mitraillant par ses portes de droite, atteignant ainsi jusqu'au magasin TV/Radio.

Quand à la Panhard des Fillon (figurée à tort comme démarrant de la rue du Bois), elle croisait le convoi présidentiel, venant du carrefour du Petit-Clamart.

 

Voici le schéma rectifié.

 

Le "poste essence" est une station Antar en 1962, qui n'existe plus en 2025, remplacée par un immeuble.


Dans la video d'Alain Decaux de 1982, on voit une station Esso, mais c'est une autre station située plus en amont, entre la rue du pavé blanc (Carrefour de Meudon) et la rue Bourcillière; elle existe encore en 2025, et existait déjà en 1962.

 

Avec une urbanisation galopante de la zone, il est de plus en plus difficile de retrouver les lieux de la video INA

 

Mais voici tout de même l'endroit où démarra l'ID en mitraillant le convoi qui passait devant elle, ravageant au passage le magasin TV/Radio, avant de tourner vers la gauche pour engager une poursuite du convoi perdue d'avance.

Pas étonnant qu'une américaine de gangster y ait ses habitudes!